Retour de (longues) vacances…

La lecture des Hunger Games m’a mise hors de moi. Depuis quand les héroïnes préfèrent-elles le confort à la passion? Depuis quand sauver le monde est-il devenu une cause secondaire? Pour ceux qui auraient hiberné ou évité cinémas, librairies et autres lieux publics ces 6 derniers mois, The Hunger Games, immense succès en librairie (et plus récemment au cinéma) est soi-disant le”nouvel Harry Potter” ou “le dernier Twilight“. La trilogie narre les aventures de Katniss Everdeen dans une Amérique post-apocalyptique, alors que commencent les Hungers Games, cette bataille télévisée annuelle ou 24 adolescents défendent chèrement leur vie jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un.  Sélectionnée pour défendre les couleurs de son district, portée par un instinct de survie hors du commun, Katniss devient rapidement la candidate favorite et un symbole d’espoir pour la population. Pressée de rejoindre la rébellion contre la dictature en place, elle rechigne rapidement à prendre la tête de la révolte…  Honnêtement, je ne vois que deux explications au succès de la trilogie: soit personne n’a lu les trois livres, soit le talent a déserté la littérature jeunesse (ce que je ne veux pas croire) tant l’intelligence et l’audace du premier tome disparaissent derrière les approximations et la platitude des deux derniers.  Bref , face a Twilight,  The Hunger Games ne soutient pas (du tout!) la comparaison. Une de mes amies m’avait mise un jour au défi d’écrire un poste sur Twilight.  J’avais en souriant décliné; les histoires de vampires avaient-elle vraiment leur place sur un blog littéraire? Après la déception des Hunger Games, Twilight mérite toute mon attention- après 1500 pages au moins n’a-t’on pas l’impression d’avoir perdu son temps!

Que dire de Twilight… Le jour ou sa mère se remarie, Bella Swan choisit de vivre avec son père à Forks, minuscule ville pluvieuse perdue dans l’état de Washington. Sa vie est bientôt transformée par le mystérieux Edward Cullen. Quel est ce jeune homme impénètrable, si froid au toucher  qui fuit le soleil et les questions sur son passé. Bella comprend rapidement que chaque seconde passée avec lui met sa vie en danger. Mais comment combattre l’amour? Même pour un vampire? Bella survivra-t-elle à cette romance peu orthodoxe? Réponse en quatre tomes à l’ombre ou à la  tombée de la nuit.

La science fiction n’a jamais été mon genre de prédilection, encore moins les histoires de vampires.  Twilight a figuré sur ma liste de lecture uniquement par exaspération de ne pas pouvoir donner mon avis sur l’histoire de Bella et Edward. J’étais bien décidé à lire le premier tome et à détester cette bluette simpliste. Trois nuits blanches et la commande du dernier tome un mois avant sa publication plus tard, il m’a bien fallu me rendre à l’évidence. Ca n’était pas un classique, mais une lecture incroyablement addictive.

Qu’on ne vienne pas chercher ici la force du Seigneur des Anneaux, chef d’oeuvre de Tolkien et référence du roman de science fiction. Néanmoins, dans la droite ligne de Tolkien, Twilight possède la qualité principale d’un bon roman du genre: un monde imaginaire précis et cohérent. Là où The Hunger Games est elliptique, répétitif, voire illogique, Stephanie Meyer parvient dans Twilight à créer un univers intrigant ou se mêlent mythes et légendes millénaires de vampires et de loups-garous. Ce qui aurait pu n’être que la énième recension de l’amour impossible, est portée par le détail du récit et le passé centenaire de ces vampires estampillés 21ème siècle, qui rêvent d’un monde où ils pourraient vivre comme des humains un peu particuliers.

Mais la plus grande réussite de Meyer reste le personnage de Bella. Twilight et The Hunger Games proposent chacun un parcours initiatique à leur héroïne. Un seul, Twilight, atteint son objectif. Katniss, soeur courage, déterminée et révoltée, se voit tristement transformée au fil des pages en créature indifférente et soumise, comme lobotomisée entre deux tomes.  Bella, elle, s’accomplit dans son engagement. Certes, sa maladresse, son aveuglement et son immaturité peuvent agacer, certes, ses états d’âme parasitent quelque peu la construction du personnage. Mais son choix est absolu, entier, presque d’un autre âge, loin du connu et du confortable. Au fil des pages, au mépris du danger, elle s’accomplit en tant que femme amoureuse et passionnée. Et si elle n’entrera jamais au panthéon de la littérature, au moins a t’elle le courage de ses choix.

MEYER Stephanie, Fascination, 2005, Hachette Jeunesse, Paris.

Et si vraiment vous voulez le lire: COLLINS Suzanne, Hunger Games, 2009, Pocket Jeunesse, Paris.

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